Pré-dépistage anarchique des cancers cutanés, la position de la discipline
Nous observons actuellement des difficultés majeures d’accès aux soins dermatologiques en France. Ces difficultés sont liées à une pénurie de dermatologues qui aurait dû être anticipée et compensée par la formation d’un nombre plus important d’internes, demande répétée du Collège des Enseignants de Dermatologie non satsfaite à ce jour. Ainsi, malgré les efforts d’organisation de la profession (états généraux de la Dermatologie 3 avril 2025, Ministère de la Santé), il nous est de plus en plus difficile de répondre dans un délai adapté à la demande de soins et de dépistage en dermatologie. Dans ce contexte, nous observons l’émergence de plusieurs acteurs, opérateurs privés, industriels, investisseurs et financiers, prétendant répondre à cette problématique. Ces acteurs, ignorants l’éthique médicale et l’expertise dermatologique, sont de deux types :
Centres de dépistage avec photographie corporelle totale, avec ou sans utilisation d’une intelligence artificielle
Mise à disposition de dermoscopes reliés à des algorithmes d’intelligence artificielle chez les pharmaciens, assortie de téléexpertise médicale qui n’est pas toujours réalisée par un dermatologue et souvent extra-territoriale
Nous présenterons dans un premier temps les modalités de ces nouvelles pratiques problématiques avant d’aborder les risques qu’elles présentent. Nous conclurons avec des recommandations.